19.

Comme à son habitude, Ari s’était arrêté à l’An Vert du Décor, à l’angle de la rue de la Roquette et de la rue de Lappe, un de ces établissements qui suivaient la mode des lounge bars, avec une déco faussement vieillie. Gros fauteuils feutrés, murs gris peints à l’éponge, une ambient music diffusée sur des haut-parleurs discrets et un mobilier qui semblait tout droit sorti de chez un brocanteur.

Le personnel était jeune, les deux serveuses plus que charmantes et le plaisir des yeux comptait pour beaucoup dans la fidélité d’Ari. Il fallait bien reconnaître qu’avec les années son faible pour les jeunes femmes s’aiguisait, et il aimait ce jeu de flirt complice, sans véritable arrière-pensée, auquel il se livrait volontiers avec elles, comme si c’eût été une forme de politesse. Ce rituel amusait beaucoup moins Lola quand il s’y prêtait devant elle, mais cela le motivait peut-être encore davantage. Lola était si jeune et si belle, attirait tant de regards qu’il avait parfois ce besoin bassement humain de chatouiller un peu sa jalousie.

— Bonjour, Ari. Ça fait un moment qu’on ne t’a pas vu ! On commençait à s’inquiéter que tu aies changé de crémerie !

Élodie était une grande blonde affable, légère et enjouée, qui portait toujours des tenues incroyablement sexy pour mettre en valeur ses longues et belles jambes, ses épaules menues et son dos délicieusement musclé. Cela faisait un peu plus d’un an qu’elle travaillait dans le bar et, à force de le voir traîner ici jusque tard dans la nuit, elle avait fini par bien connaître Mackenzie. À une ou deux reprises, elle était allée nourrir Morrison pour lui rendre service. En échange, Ari avait fait sauter quelques-uns de ses PV.

— Mais non. Tu sais bien que je ne peux pas me passer de vous. Mais j’ai pas mal de boulot, en ce moment, répondit-il.

— Pauvre chou ! Un whisky ?

— Comme d’habitude. Et dis au patron de me changer cette musique inaudible !

La serveuse éclata de rire.

— Pas assez rock pour toi, c’est ça ?

— C’est de la soupe !

— Quand est-ce que tu nous fais un concert ici ?

— Un jour, peut-être…

Élodie s’éloigna en lui adressant un clin d’œil.

L’année précédente, le jour de la fête de la musique, Ari, qui n’était pas mauvais guitariste, était venu faire un bœuf avec le groupe de blues qui avait investi les lieux. Depuis, le patron de l’An Vert du Décor ne cessait de lui proposer de venir faire son propre concert. Mais cela faisait longtemps que Mackenzie avait laissé la musique de côté. Pendant toute son adolescence, il avait participé à plusieurs formations de rock et de blues, arpenté les petites scènes parisiennes avec un certain succès ; il avait complètement arrêté depuis son entrée dans la police. Question de temps. Il se contentait de jouer tout seul chez lui, certains soirs. L’envie de remonter sur scène le titillait régulièrement, bien sûr, mais il était incapable de franchir le pas.

La programmation changea enfin dans les haut-parleurs avec une chanson de Benoît Dorémus. Ari ouvrit un sourire satisfait. Il avait besoin d’un bon whisky et de rock. Un mélange qui, paradoxalement, lui permettrait de réfléchir plus librement.

Pendant le trajet de Levallois à Bastille, il n’avait pu s’empêcher de se demander si cette histoire de mise à pied avait un rapport avec ce qui se passait depuis deux jours. Quelqu’un avait-il fait pression sur ses supérieurs pour les obliger à mettre Ari à l’écart ? À moins que les liens qu’il croyait voir entre les événements de ces dernières vingt-quatre heures ne fussent que la conséquence de son habituel sentiment de persécution. Lola lui reprochait souvent d’être complètement parano, ce à quoi il se contentait de répondre que c’était une qualité essentielle dans son travail.

La serveuse lui apporta un verre de whisky.

Ari apprécia le nez légèrement fumé du breuvage, but une première gorgée et dégusta le bouquet de malt et de sherry. Il aimait ces single malt d’Écosse qui avaient un goût en bouche assez doux tout en gardant un caractère prononcé. Celui-ci avait la particularité d’avoir un final assez long où des saveurs d’épices refaisaient surface.

Ari sortit de sa poche l’enveloppe de Paul. Il l’avait ouverte dans le métro mais avait voulu attendre l’intimité du bar pour l’examiner de plus près.

Il n’y avait pas de lettre, pas un seul mot de son ami, mais seulement une photocopie, sans la moindre explication.

Ari aplatit le papier devant lui et l’inspecta.

C’était la copie d’une feuille de manuscrit visiblement très ancien. La page comportait du texte ainsi qu’un large dessin qui occupait presque tout l’espace. On eût dit l’extrait d’un codex de Léonard de Vinci ou quelque chose de plus vieux encore. Par endroits, les contours de la page originale étaient révélés par le contraste de la photocopie, imprécis, abîmés comme ceux d’un antique parchemin. En haut de la feuille, il y avait neuf lettres et un tiret, groupés deux par deux, qui faisaient penser à une sorte de code secret. « LE RP – O VI SA ». Plus bas, deux textes de tailles différentes, l’un à côté, l’autre en dessous de l’illustration, évoquaient de l’ancien français et le tracé des lettres trahissait une écriture médiévale. Ari reconnaissait les racines de certains mots, mais pas suffisamment toutefois pour comprendre le sens du message.

Le dessin représentait une sorte de boîtier circulaire où deux disques gradués venaient se superposer autour d’un axe, lequel était fermé à son sommet par une cheville. Le disque supérieur était ajouré ; il semblait pouvoir pivoter, et sur l’une de ses branches étaient dessinées les différentes phases d’un cycle lunaire.

Tout en haut de la feuille, à gauche, une inscription plus moderne surplombait l’ensemble. Elle avait sans doute été écrite au plume par-dessus l’original : « L :. VdH :. ».

La seule chose qu’Ari savait avec certitude, c’était que ces trois points en triangle qui apparaissaient après certaines lettres étaient caractéristiques des abréviations utilisées par les francs-maçons dans leur alphabet crypté. Pour le reste, il se demandait bien ce que pouvait représenter cette feuille et, surtout, pourquoi Paul Cazo la lui avait envoyée par la poste.

Ari tentait de déchiffrer le texte quand il sentit son téléphone vibrer dans sa poche.

— Allô ?

— Mackenzie ?

Il reconnut la voix du commissaire Bouvatier.

— Bonsoir. Vous avez du neuf ?

— J’ai une mauvaise nouvelle et, comment dire… une plus mauvaise nouvelle encore à vous annoncer.

— Allez-y, je ne suis plus à ça près.

— Je suis à Chartres. La mauvaise nouvelle, c’est que nous avons bien affaire à un meurtrier en série. Les deux affaires concordent : le détergent, le curare, le crâne vidé…

— Et la plus mauvaise nouvelle ?

— On m’a retiré le dossier.

— Comment ça ?

— Le procureur de Chartres veut garder le bébé pour lui tout seul : il a confié l’enquête à la DIPJ de Versailles. Le procureur de Reims lui confie le dossier. Je ne suis plus sur le coup.

Ari se garda de préciser que, décidément, c’était la journée des licenciements abusifs. Bouvatier reprit :

— Je suis désolé. Je vais tout de même essayer d’avoir des infos… Je vous tiendrai au courant si j’ai quoi que ce soit, promis, mais l’affaire n’est plus entre mes mains.

— C’est très aimable, Bouvatier. Pourquoi faites-vous ça ?

— Bah, on est un peu pareils, vous et moi.

— Vraiment ? Eh bien je vous plains.

Le commissaire laissa échapper un rire.

— J’ai suivi de loin vos histoires, au moment du remaniement, chez vous. Je me sens assez solidaire de vos… prises de position.

— C’est gentil, merci. Cela dit, je me demande si je n’aurais pas mieux fait de la fermer, à l’époque.

— Des soucis ?

— Bah… Je vous raconterai un de ces quatre. En tout cas, merci à vous. Si un jour je peux vous rendre service…

— On verra. En attendant, bon courage, Mackenzie.

Ari raccrocha. Il commençait à se faire tard et l’An Vert du Décor était de plus en plus bondé. Cela devenait difficile de travailler. Il rangea la mystérieuse lettre dans sa poche, but son whisky, posa un billet sur la table et prit la direction de son appartement.

Le vent hivernal s’infiltrait dans son trench-coat et il en releva le col contre son cou en frissonnant. La nuit était déjà tombée et Ari accéléra le pas, pressé de trouver chez lui un peu de calme et de chaleur. Dehors, il y avait encore foule. Habitués du quartier qui filaient tête basse, fêtards amassés dans les bistrots et sur les trottoirs, touristes curieux, commerçants chinois ouverts jusque tard dans la nuit, voitures, scooters, la rue grouillait comme un jour d’été. Il passa le porche, prit son courrier puis s’engouffra dans le vieil escalier. Arrivé en haut des marches, alors qu’il était sur le point d’ouvrir la porte de son appartement, il s’immobilisa. Il venait d’entendre un bruit.

Il s’approcha et colla son oreille contre le bois. Il en était certain maintenant : quelqu’un était à l’intérieur.

Par précaution, il plongea la main dans son manteau et prit son revolver. Puis il ouvrit la porte et s’engagea dans l’entrée, l’arme au poing. Son salon était sens dessus dessous. La scène de l’hôtel de Reims se répétait. Tous les tiroirs avaient été ouverts, tous les objets jetés au sol…

Les bruits venaient de la chambre. Ari sentit le rythme de son cœur s’accélérer. Il avança prudemment. Ne pas signaler sa présence. Il fallait voir qui était là, avant de décider comment réagir.

Les doigts serrés sur son revolver, il progressa en crabe, penchant la tête pour essayer de regarder l’intérieur de la chambre. Au milieu du salon, il marcha malencontreusement sur un boîtier de CD. Immédiatement, les mouvements cessèrent de l’autre côté de la cloison. Il était repéré.

— Qui est là ? lança-t-il. Sortez doucement !

À peine eut-il prononcé ces paroles qu’une ombre vacilla dans la pièce voisine et qu’un coup de feu éclata. Ari roula sur le sol pour se mettre à l’abri. Il tenta de reprendre sa respiration.

Une chose était sûre, ce n’était pas un banal cambriolage…

Il devait vite se mettre à couvert. Accroupi, il rejoignit la cuisine, son revolver pointé vers la chambre. À mi-chemin, il crut voir une silhouette bouger et, d’instinct, tira à son tour. La déflagration résonna dans tout l’appartement, suivie d’un bruit de chute et de verre brisé. Un tableau qui s’était décroché. Les voisins avaient probablement déjà appelé la police. Un troisième coup de feu éclata, mais Ari, réfugié dans la cuisine, était désormais hors de portée. Le tireur, visiblement seul, essayait peut-être de couvrir une sortie, mais il n’avait aucun moyen d’atteindre l’entrée sans s’exposer entièrement. Il était bloqué dans la chambre. La seule issue possible pour lui était la fenêtre, mais du troisième étage, Mackenzie lui-même ne s’y serait pas risqué.

Placé en embuscade, prêt à tirer, Ari n’avait rien de mieux à faire qu’attendre.

Voyant que l’autre ne bougeait pas, il se décida à lui parler.

— T’as le choix, mon pote. Soit tu sors gentiment de ma piaule avec les mains sur la tête, soit tu te fumes une clope sur mon lit en attendant sagement l’arrivée des flics, mais là, je veux pas te décevoir, je vois pas comment tu vas pouvoir t’en sortir…

Aucune réponse, évidemment.

Après un court instant, Ari entendit un petit bip, puis une voix qui murmurait. « Michaël ? C’est moi. Le type est rentré. Je suis bloqué dans l’appartement. Viens me sortir de là. »

Coup de bluff ? Pas sûr. C’était en tout cas trop dangereux pour Ari de rester dans la cuisine. Si un autre individu entrait dans l’appartement, les choses risquaient de se compliquer. À un contre deux, sauf dans les mauvais films, les chances de s’en sortir étaient minces. Il fallait réagir. Bloquer la porte de l’appartement en espérant l’arrivée de la police ? Non, il deviendrait à son tour une cible facile. Sortir ? Hors de question qu’il laisse le champ libre à ces types. Il fallait les affronter une fois pour toutes et savoir qui ils étaient. Plus de temps à perdre, il devait mettre un terme à cette situation, par la force.

Ari prit sa respiration, puis, brusquement, sortit de la cuisine. En entendant la voix de son adversaire, il s’était fait une idée de l’endroit où il s’était réfugié : derrière le lit, accroupi sans doute, les bras en appui sur le matelas, prêt à tirer si Ari pénétrait dans la pièce.

Sans quitter sa chambre des yeux, il traversa l’appartement d’un pas rapide. Arrivé près de la fenêtre, il estima la hauteur où devait se trouver l’homme et tira par trois fois dans la cloison. Il le savait, les balles de son 357 Magnum n’auraient pas de peine à traverser la fine couche de plâtre.

Il entendit alors le bruit sourd et lourd d’un corps qui s’effondre. Peut-être était-ce du bluff. Mieux valait rester prudent.

En silence, il s’approcha, se plaqua contre le mur, puis roula à l’intérieur. Les gestes qu’il avait appris en Croatie lui revenaient naturellement, comme des automatismes. Le cœur battant, il s’immobilisa à quelques pas de la porte, son arme pointée devant lui. Puis, tout doucement, il tourna autour du lit et finit par apercevoir le corps inerte de son adversaire, étendu dans cette position grotesque que donne parfois la mort violente. Comme disloqué.

Du bout du pied et tout en le maintenant en joue, il bascula l’homme sur le dos. Par miracle, deux des trois balles qu’il avait tirées avaient atteint leur cible. L’une à l’épaule, et l’autre, fatidique, à la tempe. Le visage de l’intrus était en bouillie.

Alors qu’Ari s’apprêtait à le fouiller, il sursauta : quelqu’un venait d’enfoncer la porte d’entrée. Il se demanda si c’était le complice du type étendu devant lui, ou bien les flics, enfin. Mais il n’avait pas entendu leurs sirènes… La réponse ne se fit pas attendre. Il distingua bientôt les pas de plusieurs personnes, puis une voix qui s’écria :

— Police !

Ari se pencha, prit rapidement le portefeuille dans la poche du cadavre et lut son nom avant de le remettre à sa place. Il n’était pas du genre à voler des indices à des collègues… Puis, saisissant le téléphone portable que le cadavre tenait encore serré au creux de sa main, il appuya sur la touche verte pour faire apparaître le dernier numéro appelé, celui du dénommé « Michaël ». Il le mémorisa instantanément.

En repositionnant le téléphone dans la main du cadavre, Ari remarqua sur son avant-bras un tatouage représentant un soleil noir. Il avait déjà vu ce symbole quelque part, mais ce n’était pas le moment de fouiller dans ses souvenirs. Il se redressa rapidement.

— Je suis là, dans la chambre ! lança-t-il en se retournant vers le salon. Je suis le commandant Mackenzie, de la DCRG, et le propriétaire des lieux…

— Sortez les mains sur la tête.

Ari rangea son arme dans son holster, prit sa carte de police dans la main droite et sortit lentement de la pièce, les bras en l’air. En haut de son placard, il fut soulagé d’apercevoir Morrison, blotti entre deux piles de vêtements. Le pauvre chat s’était réfugié là, terrorisé par les coups de feu.

Ari entra dans le salon. Trois policiers en uniforme, blafards, lui faisaient face, l’arme au poing.

— Vous n’étiez pas obligés de défoncer la porte, glissa-t-il ironiquement, elle était ouverte…

Puis il pointa du pouce en direction de son lit.

— Le type est là. Mais je crois que c’est trop tard pour le SAMU…

 

Le rasoir d'Ockham
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